Assurer la sécurité d’un proche tout en préservant son indépendance

Aidez vos parents à garder leur autonomie et à rester chez eux en toute sécurité.
Par Soins à Domicile - Octobre 30, 2018

Soins à Domicile Montréal est la seule agence de soins à domicile abordant le processus de vieillissement de façon novatrice et scientifique. Voici le plus récent volet de notre série Conseils pratiques où nous partageons avec vous des conseils intelligents et trucs faciles à appliquer pour vous aider à vivre le processus de vieillissement.

Nous souhaitons tous que nos proches vieillissent en sécurité, particulièrement lorsqu’ils vivent seuls et sont aux prises avec des troubles physiques ou mentaux. Et même s’ils ne sont que « pas si vieux que ça » et simplement « plus aussi en forme qu’ils l’ont déjà été », il y a tout de même lieu de s’inquiéter. Ceci dit, nous voulons tous malgré tout respecter leur indépendance et leurs désirs, souvent à l’encontre de leur sécurité. « Papa, tu ne devrais vraiment pas vivre tout seul dans une maison à deux étages même si tu penses qu’il n’y a pas de problème et que tu y a vécu toute ta vie. Ça fait déjà deux fois que tu tombes dans les escaliers. » Il s’agit là d’un sujet sensible qui mérite d’être traité avec délicatesse. Quelle est la priorité? Son indépendance ou sa sécurité? Il faut atteindre un équilibre entre les deux, ce qui peut s’avérer facile à imaginer, mais bien plus difficile à mettre en pratique.

Votre proche apprécie certainement que vous vous souciiez de son bienêtre, mais il pourrait percevoir vos tentatives d’assurer sa sécurité comme une atteinte à son autonomie et à ce qu’il considère comme étant son « bienêtre ». Combien de fois avez-vous entendu : « Comment peux-tu savoir ce que je veux?! Je veux rester ici. Je ne suis pas prêt à déménager. » Ma mère maitrisait l’art d’éviter la question : « Oui, tu as raison, ma chérie, je devrais emménager dans un plus petit espace; je ne veux plus vraiment prendre soin de cette grande maison. On en reparlera après les Fêtes. » Vous voyez le topo. Elle ne faisait que remettre la décision à plus tard, une excuse à la fois. Les temps de Fêtes se sont succédé jusqu’à ce qu’un beau jour, elle tombe. Les ambulanciers l’ont transportée d’urgence à l’hôpital, mais elle n’en a aucun souvenir. Et c’est exactement ce que vous voulez éviter.

Il arrive qu’on sente que nos proches qui avancent en âge aient besoin d’aide supplémentaire quelques heures par jour pour assurer leur bienêtre. Ils pourraient toutefois percevoir l’aide comme une intrusion dans leur vie privée et avoir l’impression qu’ils n’ont tout simplement pas besoin d’aide. « J’ai toujours vécu seule et je vais très bien. » Votre proche vivra certainement beaucoup de déni et son orgueil en prendra un coup; il se pourrait aussi que ce changement lui fasse peur.

Plus une personne vieillit, plus elle a tendance à résister au changement, car l’inconnu est effrayant. Le changement n’est pas seulement difficile à vivre pour les ainés, il l’est aussi pour les plus jeunes. Même lorsqu’il est positif, comme emménager dans sa maison de rêve ou obtenir l’emploi de ses rêves, le changement peut toujours entrainer un stress. Avec l’âge, les ainés se sentent de plus en plus vulnérables; leurs jambes ne sont plus aussi solides qu’elles l’étaient et ils se sentent parfois désorientés. Ils se sentent donc plus en sécurité dans un foyer qui leur est familier, même lorsque ce n’est pas le cas.

Le raisonnement de votre proche pourrait vous sembler irrationnel, mais vous devez respecter ses sentiments; vous ne pouvez pas ignorer son expérience. Acceptez-la et comprenez-la. Puis, avec délicatesse et gentillesse, essayez de lui faire comprendre votre point de vue. Cela ne sert à rien de lui dire qu’il ou elle « a tort », même si vous avez raison. Vous devez lui donner raison et tenter de négocier un compromis avec lui ou elle : transformez la situation en quelque chose qu’il ou elle veut.

Ma mère était très réfractaire à l’idée d’avoir quelqu’un pour l’aider à la maison et elle était très frustrée de ne plus avoir assez d’autonomie pour conduire. Nous l’avons convaincu que son « assistant » serait aussi son chauffeur (elle a beaucoup aimé ce concept) et qu’il pourrait la conduire partout où elle le désirait. Nous avons joué sur l’idée centrale d’un film qu’elle avait beaucoup aimé, Miss Daisy et son chauffeur. Je lui ai aussi dit que j’aurais bien aimé avoir un chauffeur personnel, car de nos jours, conduire dans toute cette circulation est très stressant. C’est à partir de ce moment-là qu’elle a commencé à m’écouter. Qui ne voudrait pas avoir un chauffeur personnel à sa disposition?

Aidez vos parents à rester à la maison

Voici un des sujets les plus délicats. Les parents de ma génération ont été plutôt indépendants, et c’est pour cette raison qu’ils insistent souvent pour rester à la maison. Plusieurs d’entre eux sont horrifiés à l’idée de vivre dans une résidence pour personnes en perte d’autonomie ou même dans une communauté d’ainés, même si certaines d’entre elles semblent très luxueuses. Ils refusent de réduire ou d’adapter quoi que ce soit; ils aiment leur jardin, même s’ils n’arrivent plus à s’en occuper. Peut-être ne peuvent-ils simplement pas se permettre un déménagement. Si votre proche est entêté, déterminé et habitué à obtenir ce qu’il désire, ce pourrait être d’autant plus difficile.

Si des membres de votre famille habitent à proximité, ils pourraient vous aider à prendre soin de votre proche. Vous pourriez tour à tour cuisiner, faire son ménage, en prendre soin et vous assurer que tout va bien. Une seule personne ne peut toutefois pas tout faire, particulièrement si vous travaillez à plein temps ou si vous avez des enfants à la maison. Si personne n’est en mesure de vous aider, vous pouvez engager une agence de soins à domicile dont les aides-soignantes sont compétentes en matière de soins aux ainés. Elles offrent une vaste gamme de services: elles peuvent offrir une simple présence, faire des promenades avec votre proche, le conduire, faire ses courses, cuisiner pour lui ou effectuer des tâches plus élaborées comme l’aider à s’habiller et prendre son bain.

Afin de rendre la maison de votre proche plus sécuritaire, je vous recommande de vous assurer qu’elle est « à l’épreuve des chutes ». Dégagez les espaces de déplacement. Enlevez les objets qui pourrait être encombrant ou glissant, comme les tables basses et autres petits meubles, les accessoires pour animaux, les cordons électriques et les fils de téléphone, et même les carpettes qui ne sont pas fixées solidement au plancher peuvent entrainer des chutes.

Organisez le mobilier de sorte que votre proche puisse marcher librement. Utilisez des carpettes antidérapantes ou assurez-vous qu’elles sont bien fixées à l’aide d’une doublure antidérapante. Installez des bandes antidérapantes ou un tapis de caoutchouc sur le plancher de la baignoire ou de la douche.

Assurez-vous que la maison est bien éclairée. Puisque la vision diminue avec l’âge, il est important de s’assurer que l’espace de vie est suffisamment éclairé de sorte que votre proche soit pleinement conscient des lieux et qu’il peut éviter tout obstacle qui pourrait se trouver sur son chemin. Placez une lampe de chevet à côté de son lit et installez une veilleuse dans la salle de bain, dans le corridor et dans la cuisine. Laissez une lampe de poche près du lit en cas de panne de courant. Installez des rampes le long des escaliers, sur la véranda ou le balcon, dans la douche et le bain, dans les corridors et partout où votre proche pourrait avoir de la difficulté à garder son équilibre.

Même si vous engagez une aide-soignante en résidence, il pourrait arriver que votre proche se retrouve seul, plus particulièrement la nuit. Assurez-vous qu’il ou elle porte un dispositif d’alerte médical et demandez aux voisins de venir jeter un coup d’œil à l’occasion et de rester à l’affut de toute situation inhabituelle.

Chaque situation est unique, de sorte qu’il est difficile de généraliser. Il n’en reste pas moins que d’assurer la sécurité de votre proche tout en préservant son indépendance est tout simplement impossible. Vous pouvez tout de même préserver cet équilibre en assurant leur sécurité et en leur donnant un sentiment d’autonomie. Apprenez à discuter de soins de façon constructive avec vos parents et trouvez un terrain d’entente.

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